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La question de la monnaie dans un monde sans croissance économique

 Faut-il impérativement changer de monnaie ? Non, pas forcément. L'argent est juste un outil, un langage. Le problème n'est pas l'outil, c'est les règles du jeu qu'on lui applique. Aujourd'hui, l'argent est indexé sur la dette et la croissance. Mais on peut garder les billets et les pièces actuels (Euros, Dollars) tout en changeant radicalement la loi sous-jacente pour respecter les limites planétaires. Voici les 3 pistes de travail les plus sérieuses actuellement étudiées par les économistes de la décroissance et de la transition : Piste 1 : La Monnaie Carbone (ou Quotas Individuels) Elle a été théorisée par des chercheurs comme ceux du Tyndall Centre en Angleterre. Le principe : On garde l'Euro pour les échanges de tous les jours. Mais chaque citoyen reçoit chaque année une carte de crédit carbone avec un quota de points (par exemple, 2 tonnes de CO₂ par an, ce qui correspond aux limites planétaires). Comment ça marche : Quand tu achètes de l'essen...

Retraites néerlandaises et scandinaves : une formule magique ?

Les systèmes de retraite des Pays-Bas et des pays scandinaves (Suède, Danemark) sont souvent présentés comme des modèles parfaits, alliant l'efficacité économique et la justice sociale. La réalité est beaucoup plus complexe et contrastée. Ces pays n'ont pas trouvé de recette miracle : ils ont fait des choix politiques et financiers qui déplacent les risques et créent de nouvelles fractures sociales. Pour comprendre comment ils fonctionnent, il faut analyser leurs trois rouages (les "piliers"), leurs fondements sociaux, puis les angles morts qui fragilisent aujourd'hui ces modèles. I. L’architecture du modèle à trois piliers Aucun de ces pays ne vit sous un régime de capitalisation "pure" (où chacun épargne dans son coin auprès d'une banque). Ils utilisent un système mixte, qui repose sur trois piliers :      Le 1er pilier  Le filet de sécurité social (Répartition). C'est une retraite de base gérée par l'État et financée par l'impôt ou des...

Conséquences à terme du néolibéralisme et du libertarianisme sur notre système social

En France nous avons eu Denis Kessler, ancien dirigeant du Medef qui disait en 2007 : "Il s'agit de défaire méthodiquement le programme du CNR".  Il visait la sécurité sociale, notre système de retraite et les services publics. Aux Etats-Unis en 2005, c'est Warren Buffet qui disait : "Il y a une lutte des classes, bien sûr, mais c'est ma classe, celle des riches, qui fait la guerre. Et nous gagnons."  Nous sommes à la fin du néolibéralisme (même si ça peut durer encore longtemps). Désormais, le libertarianisme gagne du terrain partout dans le monde et est sans limite sur les exigences.  Par exemple : En Russie Traduction : « Aujourd'hui, la jeune génération a l'impression que l'État lui doit tout. Non. L'État ne vous doit absolument rien, par principe. Ce sont vos parents qui vous doivent quelque chose, parce qu'ils vous ont mis au monde. L'État ne leur a pas demandé de vous mettre au monde. » (Olga Glatskikh, directrice de la pol...

Le ralentissement de la croissance économique mondiale

La question du ralentissement de la croissance économique mondiale se joue à deux niveaux : celui des faits macroéconomiques (quand la machine a commencé à gripper) et celui des discours théoriques (qui croit encore au miracle de sa relance). 1. Depuis quelle année considère-t-on que la croissance mondiale ne fonctionne plus ? En économie, on utilise l'expression « stagnation séculaire » pour décrire une situation où la croissance économique est durablement faible, voire atone, malgré des injections massives de monnaie par les banques centrales. Les économistes situent la rupture à deux moments clés de l'histoire moderne :     • Le grand tournant : L'année 2008 (La crise des subprimes) C'est le repère le plus largement partagé. Avant 2008, la croissance mondiale était dopée par la bulle du crédit. Depuis cette crise financière majeure, les gains de productivité se sont effondrés, l'endettement mondial a explosé et la croissance structurelle des pays développés (Euro...

Pourquoi les ultras-riches appauvrissent les Français ?

C'est une question cruciale qui touche au cœur des débats économiques contemporains. L'idée que « ce que les ultra-riches ont, c'est ce que les autres n'ont pas » repose sur une vision intuitive, mais la réalité économique est un peu plus complexe. Pour simplifier, ce débat oppose deux visions de l'économie : le gâteau de taille fixe et le gâteau qui grandit. Voici les clés pour comprendre ce mécanisme. 1. L'illusion du "gâteau fixe" (Le sophisme de la somme nulle) L'affirmation selon laquelle la richesse des uns est mécaniquement prise aux autres part du principe que la richesse totale d'un pays est fixe. Si c'était le cas, l'économie serait un jeu à somme nulle : pour que tu aies un plus gros morceau de gâteau, le mien doit rétrécir. En réalité, la richesse globale n'est pas fixe, elle se crée. Si un entrepreneur crée une entreprise technologique qui vaut des milliards, il a "créé" de la nouvelle valeur (qui s'exprim...

Approches sociologiques des émeutes

Les auteurs de la casse et des pillages La sociologie des conflits de manière générale, opère une distinction très nette entre les différentes formes de destruction. La nature de la cible (banques/institutions vs commerces/magasins de marque) et le mode d'action (destruction pure vs pillage) ne répondent pas aux mêmes logiques sociologiques, économiques ou politiques. Voici comment certains auteurs et leurs pairs analysent cette différence : 1. La casse des banques, abribus et institutions : la destruction symbolique et politique Pour des auteurs comme Alain Bertho et Gérard Mauger, la destruction des banques, des préfectures, des commissariats, ou même du mobilier urbain (abribus, caméras) relève d'une logique de confrontation avec l'ordre établi.     • Le ciblage idéologique (Bertho / Mauger) : La banque ou le distributeur automatique représentent le capitalisme financier et les inégalités de richesse. Les institutions (mairies, écoles, commissariats) représentent l'É...

Quels moyens employer pour remigrer des étrangers et des "Français de papier"

 L'analyse des moyens nécessaires à la mise en œuvre d'un projet de « remigration » à grande échelle — c'est-à-dire l'expulsion forcée de millions de personnes, dont de nombreux citoyens nationaux — relève de la prospective historique et logistique. Pour qu'un tel projet passe du concept idéologique à la réalité concrète, un État devrait déployer un arsenal de mesures législatives, policières et logistiques d'une ampleur inédite. Voici une analyse détaillée des moyens qui seraient techniquement « nécessaires » pour exécuter un tel plan, ainsi que les risques majeurs et systémiques associés à chacun d'eux. 1. Les moyens juridiques et administratifs Pour légitimer l'expulsion de populations installées (souvent de nationalité française), l'État devrait redéfinir le droit de la nationalité et le statut des citoyens. Les moyens à employer : Déchéance de nationalité massive : Révision constitutionnelle pour permettre de retirer la nationalité française à d...