Un plan B pour survivre aux multi-ruptures
UN PLAN B POUR SURVIVRE AUX MULTI-RUPTURES ÉCOLOGIQUE
1. Le diagnostic
2. Les fausses pistes et des solutions
3. Le plan B
Les solutions et fausses solutions
Le Ravi Les fausses solutions face au changement climatique
National Geographic Les solutions pour lutter contre le changement climatique existent déjà
Greenpeace Climat : quelles sont les vraies solutions ?
You matter Quelles solutions face au réchauffement climatique : le résumé pour tout comprendre
On le sait, l’exercice et le maintien de la démocratie dépendent de la stabilité d’un pays et de certaines conditions comme la paix et le développement économique, social et culturel. Or, le réchauffement climatique, la multiplication des événements climatiques extrêmes, la raréfaction des ressources naturelles, la perte de la biodiversité, la pollution de l’air, des eaux et des sols, déstabilisent déjà toutes les économies du monde et commencent à modifier nos conditions de production, de consommation et de vie. Les crises se multipliant et se combinant entre elles, la déstabilisation du monde a commencé. Mais de quelle déstabilisation parlons-nous ? Ce que nous dit le GIEC présage des conditions de vie impossibles en certains pays avant la fin du siècle selon certains scénarios qu’il a anticipé.
A n’en pas douter, des décisions radicales doivent être prises. Or, il y a 2 façons de les prendre : soit les imposer ; soit les choisir ensemble, c’est-à-dire, sans tenir compte de l’avis de ceux qui entraînent le monde vers sa destruction. Notons que ceux qui voudraient nous les imposer ne sont pas garants d’avoir la solution ni même vouloir tenir compte de la catastrophe écologique dans leurs choix. La première solution correspond à la dictature et nous en avons eu un avant-goût avec le confinement qui a pu aller jusqu’au clouage des portes en Chine ; la seconde, à la souveraineté effective du peuple. Posons ici une évidence : ceux qui se poseraient la question de savoir si le peuple est capable de choisir les bonnes décisions, précisons que ceux qui nous dirigent portent directement la responsabilité de la catastrophe écologique en protégeant un système productiviste, d’une part ; d’autre part, que les lobbys qui ont table ouverte dans les COP (Conference of the Parties), s’ils peuvent influencer, manipuler ceux qui nous gouvernent, seraient devant une impossibilité devant un peuple véritablement souverain.
De manière aussi certaine que le réchauffement climatique a commencé son travail de sape, se pose une alternative pour y remédier : dictature ou démocratie réelle ! Une fausse piste : le régime représentatif dans lequel les élus sont non contrôlée par le(s) peuple(s), celui-ci étant en train de nous emmener au gré des traités de libre-échange, des intérêts des multinationales et des luttes de pouvoir vers le point de non-retour.
Ce texte a pour but de montrer l’incohérence des discours « rassuristes » et proprement hallucinants de nos gouvernants face à la réalité de la catastrophe en cours et à l’avenir de l’humanité et du monde vivant. Ainsi, en France, on nous propose de nous adapter à un réchauffement correspondant à une moyenne de 4°C, alors même que notre taux d’humidité rendra la vie infernale. On ne peut pas non plus laisser de côté les climato-sceptiques qui, désormais, ne nient plus le réchauffement et l’augmentation du carbone dans l’air, mais qui pensent que le phénomène du réchauffement a une origine solaire et que nous sommes dans un cycle naturel. Nous n’essaierons pas de les persuader que leur thèse est fausse, mais nous nous contenterons de leur dire que le réchauffement qu’ils ne nient plus est suffisamment grave pour prendre un minimum de précautions face aux dangers à venir (et hélas, déjà à l’œuvre). Au contraire des changements climatiques qui s’étalaient sur des milliers d’années, celui-ci ne nous donne pas le temps d’une adaptation naturelle.
Ces quelques lignes laissent aussi de côté la notion de transition écologique qui, certes, est indispensable, mais sert, actuellement à justifier la croissance à n’importe quel prix. Trois objectifs sous-tendent ce texte :
Démontrer que nous ne sommes pas à l’abri d’un impensable, comme la crise du Covid l’a été, qui mettrait certaines populations en situation de survie immédiate du jour au lendemain.
Proposer une action à mettre en œuvre immédiatement. Solution qui, en la développant un peu, montre que c’est aussi une voie de construction de la solidarité et de la démocratie là où nous habitons.
Démontrer que les premiers des combats actuels à mener sont l’écologie et la démocratie.
Les 5 scénarios du GIEC ICI
GIEC : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
Pourquoi des décisions radicales ? Les réponses ne peuvent se trouver que si on connaît les hypothèses qui ont été élaborées par différents scientifiques. Nous nous arrêterons ici à ceux du GIEC. Ceux-ci ont construit 5 scénarios (4 d’entre eux ont été effectivement étudiés). Voyons ces scénarios, sachant que les émanations de CO2 (carbone) et CH4 (méthane) issues des zones humides, ainsi que le dégel du pergélisol et les feux de forêt ne sont pas encore tout à fait intégrés aux modèles climatiques. Il y a donc tout lieu de croire que ces scénarios sont en deçà de ce qu’ils devraient être dès lors que ces éléments auront été considérés.
Posons tout de go que seuls les 2 premiers scénarios offrent à l’humanité la possibilité de stopper le réchauffement à la fin du siècle (ce qui ne veut pas dire que la température redescendra). Les scénarios 3 et 5 correspondent à une situation que nous ne pourrons plus maîtriser.
1er scénario : Soutenabilité — La voie verte
C’est le scénario d’un développement plus inclusif qui respecte les limites environnementales planétaires et s’articule autour du bien-être des populations et de la réduction des inégalités. La consommation est orientée vers une faible croissance matérielle, une moindre utilisation de ressources et d’énergie. Les deux premiers scénarios du Giec (SSP1‑1.9 et SSP1‑2.6) se basent sur ce récit.
Conséquences si nous suivons ce scénario à la fin du siècle :
Température moyenne de surface : + 1, 5°C
Élévation moyenne des océans : + 0, 5 m (hypothèse excluant la fonte des glaces polaires).
Le réchauffement est maîtrisé à la fin du siècle.
C’est le scénario dont les médias et les politiciens nous parlent régulièrement alors qu’on sait que cette température sera atteinte en 2050. D’ores et déjà, nous avons déjà atteint + 1,4°C 80 ans plus tôt que ce que prévoyait la COP de Paris qui a eu lieu en 2015. ICI
2e scénario : Au milieu du gué
Notre monde poursuit ses tendances historiques avec une croissance inégalement répartie des revenus et opère lentement sa transition écologique, malgré les objectifs qu’il se donne. La transition démographique est achevée dans la seconde moitié du XXIe siècle. C’est le scénario médian (SSP2‑4.5) utilisé par le Giec.
Conséquences si nous suivons ce scénario à la fin du siècle :
Température moyenne de surface : + 2, 5°C
Élévation moyenne des océans : + 0, 55 m (hypothèse excluant la fonte des glaces polaires).
Le réchauffement est maîtrisé à la fin du siècle.
Certains politiciens commencent à se saisir de ce scénario. Christophe Béchu, Ministre de la Transition écologique, a d’ores et déjà prédit un réchauffement de + 4°C pour la France ( 50°C en ville) ICI qui est le pays d’Europe qui va se réchauffer le plus intensément par rapport à ses moyennes actuelles. (4°C degrés correspond au scénario n°3)
3e scénario : Rivalités régionales – Un chemin escarpéLa résurgence du nationalisme, les préoccupations en matière de compétitivité et de sécurité et les conflits régionaux poussent les pays à se concentrer de plus en plus sur les questions nationales ou, tout au plus, régionales, au détriment de la réduction des inégalités et de la prise en compte des questions environnementales. Correspond au quatrième scénario (SSP3‑7.0) du Giec.
Conséquences si nous suivons ce scénario à la fin du siècle :
Température moyenne de surface : + 3, 9°C
Élévation moyenne des océans : + 0, 8 m (hypothèse excluant la fonte des glaces polaires).
Le réchauffement climatique ne peut plus être maîtrisé.
4e scénario : Inégalités – Une route divisée
C’est le scénario des inégalités exacerbées entre une société très connectée au niveau international qui contribue à un fort développement économique adossé à toutes les sources d’énergie, et des sociétés à faibles revenus, peu éduquées et cantonnées à des activités à faible valeur ajoutée. La fracture s’exacerbe et les conflits et troubles deviennent fréquents.
C’est le scénario que le Giec a mis de côté. Il correspond pourtant à la fracture actuelle entre pays pauvres et pays riches ou en fort développement. Comment en serait-il autrement plus tard, tel que c’est parti ? Mais, en soi, ce ne sont pas les inégalités qui réchauffent la planète.
5e scénario : Développement alimenté par des combustibles fossiles – L’autorouteLe scénario d’un développement économique et social élevé basé sur les marchés compétitifs et l’innovation qui nécessite de recourir à d’abondantes ressources en énergies fossiles. Correspond au scénario le plus pessimiste du Giec (SSP5‑8.5)
Conséquences si nous suivons ce scénario à la fin du siècle :
Température moyenne de surface : + 4, 8°C
Élévation moyenne des océans : + 0, 9 m (hypothèse excluant la fonte des glaces polaires).
Le réchauffement climatique ne peut plus être maîtrisé.
C’est le scénario que nous suivons actuellement, puisque notre développement économique et social est élevé et qu’il est basé sur les marchés compétitifs et l’innovation qui nécessite de recourir à d’abondantes ressources en énergies fossiles. Mais nos politiciens « font le pari » de rester en dessous de + 2°C, en faisant valoir la solution… technologique ! Il serait intéressant de leur demander ce qu’ils mettent en jeu personnellement s’ils perdaient ce pari. Question tout à fait stupide, puisqu’ils seront tous morts en 2100, ce qui veut dire qu’ils ne font aucun pari, mais envoient dans le mur, sous la pression des lobbys, la génération en train de naître.
Le réchauffement n’est que l’une des limites planétaires qui ont été franchies
Les limites planétaires sont les seuils que l'humanité ne devrait pas dépasser pour ne pas compromettre les conditions favorables dans lesquelles elle a pu se développer et pour pouvoir durablement vivre dans un écosystème sûr, c’est-à-dire en évitant les modifications brutales et difficilement prévisibles de l'environnement planétaire.
Ce concept a été proposé par une équipe internationale de vingt-six chercheurs et publié en 2009. Il a depuis été mis à jour par des publications régulières. Il consiste en neuf limites planétaires, dont huit sont chiffrées par les chercheurs et six sont déjà franchies. Neuf processus sont retenus comme limites, car ensemble ils remettent en cause la stabilité de la biosphère, c’est-à-dire, l'ensemble des organismes vivants et leurs milieux de vie, donc la totalité des écosystèmes présents que ce soit dans la lithosphère, l'hydrosphère et l'atmosphère :
Sept de ces limites sont considérées comme dépassées depuis 2025 :
le changement climatique (réchauffement),
l’érosion de la biodiversité (organismes vivants et écosystèmes),
la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore (notamment la pollution des sols par les produits chimiques),
les changements d'utilisation des sols (surfaces artificialisées),
l’acidification des océans (disparition des récifs coralliens, de la flore et la faune aquatique),
l’utilisation mondiale de l’eau, (limite qui a été franchie en 2022 favorisant le stress hydrique)
l'introduction d’entités nouvelles dans l’environnement (pollution chimique)
Limite non dépassée mais en voie de l’être
l’appauvrissement de la couche d'ozone (protection des radiations du soleil),
Limite non quantifiée à l'échelle de la planète
l'augmentation des aérosols dans l’atmosphère (les données non quantifiables sont les émanations de CO2 et de méthane issues des zones humides, du dégel du pergélisol et des feux de forêt).
Le réchauffement climatique est la résultante de nombre de ces dépassements. Mais on voit aussi que l’érosion de la biodiversité, c’est-à-dire de la nature, met à elle seule, en péril l’existence des organismes vivants et donc de l’humanité.
Notons que la limite non quantifiée de l’augmentation des aérosols (notamment du méthane) rendent les scénarios incertains. Ils pourraient être pires que ceux envisagés pour l’instant.
Le réchauffement climatique
Le GIEC, pourtant timide à être alarmiste, reconnaît que si nous suivons notre lente adaptation au réchauffement, la température moyenne devrait s’élever à + 3,2°C en 2100. ICI et ICI C’est ce qui est annoncé à la veille de la COP 29.
Pour rester sur une trajectoire à +1,5°C, les émissions de gaz à effet de serre (GES) devraient baisser de 42 % d’ici à 2030 et de 60 % d’ici à 2035 par rapport à 2019, ceci afin d’atteindre zéro émission nette de CO2 au niveau mondial d’ici à 2050. Gardons ces chiffres en tête lors de la conclusion de la COP.
Les décisions politiques vont-elles dans ce sens-là d’ici 2040, sachant que si le RN passait, toutes ces mesures seraient pour l’instant éliminées pour cause « d’écologie punitive » avant de nous les imposer n’importe comment et avec « force » alors qu’il sera trop tard pour que les mesures servent l’humanité. Demandons aux sinistrés des événements climatiques s’ils sont contents d’échapper à l’écologie punitive...
Gaël Giraud, qui n’est pas connu comme étant un complotiste, a osé faire une conférence sur la probabilité de réalisation du scénario le pire, c’est-à-dire celui que nous suivons en ce moment. ICI Sa démonstration vise l’objectif que « cela n’advienne pas » par connaissance du risque. Il est donc intéressant d’en faire une description succincte puisque certains de nos gouvernants se plaisent à jouer avec le feu (au sens propre du terme).
Il faut savoir qu’une température élevée dans un environnement humide est beaucoup plus difficile à supporter que dans un environnement sec comme au Sahara. En clair, avec une humidité de l'air de 5 %, il faut une température réelle de 44,4 °C pour atteindre ces dangereux 35 degrés Tw (température humide). Avec une humidité de 85 %, le seuil fatidique est atteint à partir de 37,8 °C. ICI. Or, un tiers des terres émergées en 2050 sera soumis plus de 20 jours par an à ces conditions létales (en 2100, ce sera entre 100 et 300 jours de conditions létales dans ces mêmes régions). ICI En supposant que les gens ne migrent pas, 55 % de la population mondiale seraient exposés à ce régime létal en 2050, soit plus de 4 milliards de personnes. Comment imaginer que ces populations ne migrent pas ? Cela concerne toutes les régions autour de l’équateur, particulièrement l’Amazonie, l’Amérique centrale, le sud des États-Unis, la côte est de l’Afrique, toute l’Indonésie, toutes les côtes indiennes, l’est de la Chine, le nord de l’Australie. La Banque mondiale chiffre à 2, 5 milliards le nombre de réfugiés climatiques dans la seconde partie du siècle. Il y aura ceux qui auront les moyens de migrer et les autres.
Le stress hydrique
Le stress hydrique est une autre conséquence du réchauffement climatique. Cette fois, ce sont les régions au-dessus et au-dessous des zones humides précitées. En France, le sud-ouest est déjà atteint. Pour ce qui concerne les stress hydriques les plus graves dans les 10 ans à venir, la totalité des États-Unis, la côte ouest de l’Amérique du Sud, tous les pays bordant la Méditerranée (la France est un pays côtier ICI), tout le Moyen-Orient, toute l’Inde, toute la Chine, l’Afrique australe, toute l’Australie. Quant à l’Asie du Sud-est (l’Indonésie), elle sera soumise à la double punition et donc deviendra un désert avant 2100. Cela veut dire qu’en 2030, donc dans 6 ans, l’eau sera un enjeu majeur pour le monde entier. ICI
Les minerais
Nos conditions de vie moderne dépendent de la technologie, elle-même gourmande en minerais. Or, l'Union européenne définit 30 matières premières, parmi les matières stratégiques pour notre économie, comme présentant un risque élevé de pénurie d'approvisionnement. On parle de matières premières critiques parmi lesquelles se trouvent des métaux, dont les terres rares. ICI
Si l’extraction de minerais restait constante (les plans actuels pariant sur la solution technologique montrent que durant les 20 prochaines années, les extractions devraient être supérieures à tout ce que l’humanité a extrait jusqu’à maintenant), les ressources à la base de notre énergie devraient être inabordables d’ici 2100 (le pétrole, 2050). Seul le charbon, fort producteur de carbone, ne disparaîtrait que durant le prochain siècle. ICI Rappelons que l’activité minière est l’une des plus polluantes et destructrices au monde. ICI
D’ici 2050, l’USGS (via Thierry Brugvin ICI) prédit qu’avec la consommation actuelle, l’extraction de ces métaux deviendra tellement compliquée que leur production sera très fortement limitée.
Les minerais qui seront difficiles et donc trop coûteux à extraire avant 2050 (par ordre d’échéance) :
Or et zinc,
Plomb et étain
Cuivre
Uranium
Nickel,
Pétrole
Entre 2050 et 2100
Gaz
Fer
Aluminium
Nous consommons plus que la terre ne peut produire ICI
Si les limites planétaires ont été franchies, c’est parce que l'ensemble des pays, notamment les pays occidentaux, consomment en un an plus que ce que la planète produit. Même si le jour du dépassement basé sur l’empreinte écologique qui est controversée est de ce fait critiquable, il a le mérite d’exister pour communiquer sur la catastrophe en cours. Chaque pays peut dépasser ce que peut produire son territoire. ICI A titre d’exemple, le Qatar consomme l’équivalent de 9 planètes, le Luxembourg 8,2 si tous les pays consommaient comme eux. Ce sont de petits pays certes. Mais nous avons aussi les États-Unis (5,1 planètes), l’Australie (4,5), la Russie (3,4), l’Allemagne (3), la France (2,8), le Royaume-Uni (2,6), la Chine (2,4), la Turquie (2,1), l’Argentine (2,1), le Brésil (1,6), l’Égypte (1,2), l’Indonésie (1,1). Il nous faut arriver au niveau de la consommation du Niger pour qu’on trouve un pays qui consomme l’équivalent d’une planète. L’Inde ne consomme que 0,8 planète.
L’ensemble de la terre consomme 1,75 planète par an. C’est pour cela que le jour du dépassement a été estimé par l'ONG américaine Global Footprint Network pour l’année 2023 au 2 août. ICI
Rappelons qu’en 2009, les pays riches et pollueurs s'étaient engagés à augmenter leur assistance aux nations les plus démunies et les plus vulnérables dans la lutte contre le changement climatique, en promettant de fournir 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Face à leur incapacité à respecter cet engagement, ils ont récemment présenté un "plan de mise en œuvre" juste avant la COP, prévoyant de tenir cette promesse en 2023. Mais les pays pauvres continuent à se battre pour ne pas avoir à payer plus qu’ils ne payent déjà. La lutte contre les effets du réchauffement climatique repose sur deux principes : l'atténuation, qui vise à réduire les émissions, et l'adaptation, qui consiste à se préparer aux conséquences prévisibles. Les pays vulnérables veulent également intégrer la question des "pertes et préjudices" qu'ils subissent déjà. Bien que cet enjeu soit mentionné dans l'accord de Paris et qu'un mécanisme international ait été mis en place, les pays riches sont réticents à l'aborder de front, par crainte des questions de responsabilité et de compensation. Pourtant, il s'agit plutôt de se concentrer sur les conséquences pour les petites îles menacées de disparition plutôt que de mégoter sur les dettes. ICI Lors de la COP28 de 2023, les discussions se sont poursuivies sur la fixation d'un « nouvel objectif collectif quantifié en matière de financement de la lutte contre les changements climatiques » en 2024. ICI Nous n’en dirons pas plus de cette hypocrisie relevant de l’égoïsme pur et dur et de l’inconscience…
N’oublions pas la responsabilité des plus riches dans la destruction de notre monde
D’après Oxfam ICI :
Les 1 % les plus riches (77 millions de personnes) sont responsables des 16 % des émissions mondiales liées à la consommation en 2019. Les 10 % les plus riches sont responsables de la moitié des émissions mondiales.
Chaque année, les émissions des 1 % les plus riches annulent les économies de carbone réalisées grâce à l’utilisation de près d’un million d’éoliennes, soit plus que l’ensemble des éoliennes dans le monde.
Entre 1990 et 2019, les 1 % les plus riches ont émis deux fois plus de carbone que la moitié la plus pauvre de l’humanité.
Pour ce qui est de la France
En France, les 1 % les plus riches émettent en moyenne dix fois plus de CO2 par an par leur consommation (40,2 tonnes) que la moitié la plus pauvre des Français (3,8 tonnes).
Pour atteindre nos objectifs climatiques d’ici 2030, les 1 % des Français les plus riches doivent diviser par 10 leurs émissions, lorsque les 50 % les plus pauvres doivent les réduire d’un quart pour arriver à 2,8 tonnes de CO2.
Bernard Arnault, le Français le plus riche, a ainsi une empreinte carbone de consommation 1 270 fois supérieure à un Français moyen.
Est-il besoin de commenter ces chiffres ? Limitons-nous d’ajouter qu’ils sont aussi la cause de toutes les inégalités.
Plus qu’une prise de conscience, il faut choisir la sobriété radicale
On le voit, non seulement les mesures radicales doivent être prises de manière urgente, mais le réchauffement, le stress hydrique et la disparition de métaux stratégiques imposeront d’eux-mêmes des modifications radicales de nos conditions de vie dans les prochaines années. Pas besoin d’une écologie punitive pour être punis par les pénuries !
« Si nous opérons les bons choix en matière de politique, d’infrastructures et de technologies, nous pourrons changer nos modes de vie et nos comportements, avec à la clé une diminution de 40 à 70 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 ». Priyadarshi Shukla, coprésident du groupe de travail III du GIEC. ICI Cela serait donc possible si...
Selon Greenpeace, ICI alors qu’il faut agir de toute urgence pour sauver le climat et maintenir la hausse des températures mondiales en deçà de 1,5 °C, l’économie verte plus communément appelée greenwashing retarde les véritables changements dont nous avons besoin. L’ONG cite 5 raisons de bannir cette pratique :
Elle permet aux entreprises de continuer leurs activités destructrices, tout en faisant croire que leurs méthodes de production sont responsables et écologiques.
Elle conforte un système économique et social fortement émetteur de gaz à effet de serre, perpétuant un schéma qui n’est plus supportable.
Elle aiguille les consommateurs et consommatrices vers des produits et services faussement écologiques, leur donnant le sentiment de bien faire.
Elle détourne les consommateurs et consommatrices des entreprises qui réduisent véritablement leur impact sur l’environnement.
Elle trompe l’attention de la population pour éviter que celle-ci se mobilise contre les entreprises polluantes et fasse pression pour qu’elles changent leurs façons de faire.
On ne peut pas être plus clair quant au basculement inéluctable de notre civilisation et des changements des rapports de force entre les différents impérialismes à très courts termes. D’autant qu’à chaque COP, les gouvernants, au grand dam des écologistes, prennent des décisions en deçà de celles qui devraient être prises pour rester dans un des 2 premiers scénarios, et que chaque année, aucun pays n’a réalisé tous ses engagements pris lors de la précédente COP.
Inutile ici de faire de la prospective géopolitique pour savoir comment les rapports de force vont se distribuer, mais il est clair que la France, et l’Union européenne dépendent totalement des ressources provenant de pays extérieurs. Ce ne sont pas les centrales nucléaires de Macron qui nous seront d’un quelconque secours puisqu’elles dépendent des métaux rares et de l’eau. Toutes choses qui sont en train de disparaître. Disons simplement, que la raréfaction, voire la disparition de certains métaux d’ici 2050 tout autour du globe, donneront aux pays qui détiennent les quelques ressources restantes une puissance stratégique extraordinaire. On peut citer la Chine, la Russie ou les États-Unis, mais aussi l’Afrique du Sud, le Chili, et le Congo. Ces différents pays et quelques autres détiennent les matières stratégiques suivantes (ces pourcentages sont des estimations) : le platine (Afrique du Sud : 77 %) ; les platinoïdes et le tungstène (Chine : 78 %) ; l’antimoine (Chine : 60 %) ; le chrome (Afrique du Sud : 52 %, Kazakhstan : 21 %) ; le cobalt (Congo et Zambie : 40 %, Finlande : 21 %) ; le titane (Australie : 34 %, Afrique du Sud : 23 %) ; le manganèse (Chine : 24 %, Ukraine : 20 %, Afrique du Sud : 14 %) ; le cuivre (Chili : 35 %, États-Unis : 13 %) ; etc. Rappelons cependant, que si ces pays détiennent ces métaux stratégiques, aucun d’entre eux ne leur permet d’être parfaitement autonomes et qu’ils seront tous soumis à leur disparition tôt ou tard dans les 100 ans à venir. Aucun pays de l’Union européenne n’est cité dans cette liste.ICI Choisir la solution technologique, c’est choisir de dépendre de ces pays-là. Mais c’est surtout, choisir d’être privé, durant le siècle en cours, de la solution technologique sans pouvoir recourir à une autre solution qui devrait être mise en place dès maintenant parce qu’elle n’aura pas été anticipée.
Une raison essentielle qui empêche les bonnes décisions au bon rythme
« Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a pour mission d'évaluer et de synthétiser l'état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles, de façon neutre et objective, en rapport avec la question du réchauffement climatique. L'organisme travaille à rendre compte des différents points de vue et des incertitudes, tout en dégageant clairement les éléments qui relèvent d'un consensus de la communauté scientifique. Il a donc pour mission d'« établir régulièrement une expertise collective scientifique sur le changement climatique ». Les apports de ces documents sont utilisés par les décideurs politiques et en tant qu'outil d'information pour la société civile. » ICI
Son travail réunissant des millions de données fournies, analysées et recoupées par des milliers de chercheurs à travers le monde est pharamineux. Or, nous pouvons nous étonner que nos décideurs politiques ne prennent pas les décisions qui s’imposent, ni ne respectent celles qu’ils prennent. Mais nous savons aussi quel est le poids des lobbies et des intérêts particulier qui sont à l’oeuvre durant les Conférences des parties (les COP). Nous savons aussi que les pays sont en concurrence les uns avec les autres, qu’ils dépendent du commerce du marché mondialisé, et qu’il est difficile pour chacun de s’extraire de cette compétition en devenant véritablement écologiste par peur d’en payer un prix non seulement économique, mais aussi politique.
Malheureusement, cette compétition a été confortée dès le début par le texte fondateur des Nations Unies sur les changements climatiques (article 3 alinéa 5 de la convention cadre des nations unies sur le changement climatique de 1992) sur lequel s’appuient les COP :
" Il appartient aux Parties de travailler de concert à un système économique international qui soit porteur et ouvert et qui mène à une croissance économique et à un développement durables de toutes les Parties, en particulier des pays en développement Parties, pour leur permettre de mieux s'attaquer aux problèmes posés par les changements climatiques. Il convient d'éviter que les mesures prises pour lutter contre les changements climatiques, y compris les mesures unilatérales, constituent un moyen d'imposer des discriminations arbitraires ou injustifiables sur le plan du commerce international, ou des entraves déguisées à ce commerce."
Cet alinéa explique qu’il faut favoriser la croissance, et qu’il ne faut pas entraver le commerce international. En clair, il faut favoriser tout ce qui est la cause des dérèglements écologiques de toutes sortes. Les COP ne peuvent donc pas être le lieu où se pense la décroissance ou le démantèlement de la mondialisation. Pas étonnant que chaque COP est une déception pour les peuples, mais une grande réussite pour ceux qui y participent. Et pas étonnant que nos chefs d’État ne veulent pas ralentir la croissance pour contrer le réchauffement climatique, car ils ont une bonne raison : celle de respecter le texte des Nations Unies de 1992 !
Deux conclusions :
nous poursuivons bien la trajectoire du scénario 5 qui nous conduit à +4,8°C en 2100 (et non celui de +3,1°C qu’on nous répète à la veille de la COP29.
le monde est voué à son auto-destruction dans les 200 ans à venir puisque le réchauffement n’est plus maîtrisable si on dépasse les +2,5°C.
Une question : choisit-on la sobriété ensemble ou continuons-nous à nous laisser imposer les mesures actuelles qui nous emmènent vers le chaos ? Choisir ensemble, cela veut dire, sans laisser les gouvernants et tout le lobby industriel choisir à notre place. Cela veut dire lutter contre nos gouvernants quels qu’ils soient autour de la terre, mais aussi, conquérir ce pouvoir de dire non à nos gouvernants qui relève de la souveraineté des peuples.
Concrètement, qu’est-ce que la vie pour contenir le réchauffement à 1,5 °C ? ICI
Les enfants nés aujourd’hui devront émettre huit fois moins de dioxyde de carbone à l’échelle mondiale que leurs grands-parents pour respecter l’accord de Paris. Cela va sans dire que ce ne sont pas les pays qui consomment l’équivalent de moins d’une planète par an qui sont concernés.
Par exemple, un enfant né en France en 2017 devra limiter son budget carbone à 170 tonnes de CO2 pour maintenir le réchauffement à 2 °C, soit environ un tiers de celui d'une personne née en 1950 (589 tonnes). En cas de maintien du réchauffement à +1,5 °C, ce même enfant n'aura que 68 tonnes à sa disposition, soit huit fois moins que son aîné. Si cet enfant vit jusqu'à 85 ans, il ne devra pas émettre plus de 2 tonnes de CO2 par an dans le scénario à 2 °C, et 0,8 tonne en cas de maintien du réchauffement à 1,5 °C.
Concrètement, décarboner d’ici 2050, cela veut dire ICI :
Réduire de plus de la moitié la production des biens fabriqués par le pétrole. C’est-à-dire tout ce qu’on consomme à quelques exceptions près. Concrètement il faut s’imaginer, à titre individuel, qu’il faut diviser par 2 tous nos achats, y compris alimentaires puisque l’agriculture est tributaire du pétrole.
Réduire drastiquement la production et la consommation de charbon (– 95 %), de pétrole (– 60 %) et de gaz (– 45 %).
Faire moins d’enfants (ne pas se méprendre : un enfant occidental est à l’origine de bien plus d’émissions de carbone qu’un Africain).
Se passer de voiture, rouler moins vite, développer les transports en commun.
Bannir les trajets en avion.
Adopter un régime végétarien.
Habiter à plusieurs, ne plus construire de maisons individuelles.
Réduire fortement la consommation des matériels nécessitant les terres rares (portables, ordinateurs, machines de toutes sortes).
Et surtout, contraindre les milliardaires de diviser par 1000 leurs émissions de carbone.
A moins de prendre des décisions radicales du type de celles prises lors de la crise Covid, le monde occidental est, de toute évidence, contraint d’appuyer fortement sur le frein et doit cesser de reporter à l’année suivante ses objectifs. Il y a donc nécessité de sortir du texte fondateur des COP et exiger sa remise en cause afin que les gouvernants ne soient plus obnubilés par la croissance.
Mais cela implique un danger : celui de la dictature. Après nous avoir entraînés vers la voie du gaspillage que la propagande appelle progrès, les puissances qui gouvernent le monde, celles-là mêmes qui organisent ce monde mortifère, vont vouloir organiser notre futur pour conserver leur avantage au détriment des autres, c’est-à-dire, 99 % de la population mondiale. La propagande continuera par un discours mensonger du type « économie verte », « énergie renouvelable », « découplage », « neutralité carbone », etc. toutes choses fausses, car incompatibles avec la réalité scientifique de la physique. La seule solution est de consommer moins et de produire moins. Et pas uniquement se contenter de ne pas gaspiller. Moins, cela veut dire moins sur tout ce qui n’est pas indispensable aux besoins essentiels, car la terre n’a jamais prévu de nous donner plus pour tout le monde.
Alors comment prendre les bonnes décisions ? Et comment s’organiser ?
L’enjeu de la démocratie
Il convient de dire que la démocratie dans laquelle nous sommes ne correspond pas aux conceptions de la démocratie athénienne ni à ce qu’en disait Abraham Lincoln « Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Nous sommes dans un régime représentatif, et cela dans toutes les républiques du monde, c’est-à-dire, un système qui transfère la souveraineté du peuple à ses représentants. Ce sont donc eux qui décident et pas les citoyens. Ce sont eux qui participent aux COP avec toute la nébuleuse des puissants de ce monde représentés par des lobbys de manière tout à fait officielle. Et on voit désormais le résultat catastrophique.
Si nous voulons que cela change, cela veut dire qu’il faut entrer dans la lutte de manière massive en commençant par peser sur nos gouvernements respectifs, mais aussi eu sein des partis politiques, et de nos entreprises. L’oligarchie qui nous gouverne s’est accaparé toute la richesse, mais aussi tous les pouvoirs. Aux peuples de conquérir la part de pouvoir qui leur revient : contrôler leurs représentants.
Les six dangers qui peuvent nous interdire la démocratie :
Les solutions imposées autoritairement par cette gouvernance mondiale pour sauver le système capitaliste qui nous a emmené vers cet effondrement devenu inéluctable.
Les solutions imposées sans considération de la volonté populaire.
L’opportunité pour tous les dictateurs et ceux qui se prétendent « les meilleurs » d’exercer leur pouvoir discriminatoire, autoritaire et liberticide.
Quatre autres dangers sont à la base des trois précités. Il s’agit de :Celui de notre déni de la catastrophe.
Croire qu’on s’en sortira comme toujours.
Celui de la résignation.
Celui de notre manque de confiance en l’intelligence collective du peuple.
L’enjeu est de récupérer notre souveraineté effective sans recourir à la solution du chaos et du bain de sang ?
On peut penser à la solution des urnes. Beaucoup n’y croient pas. Clara Egger et son parti RIC France y travaille avec détermination et persévérance.
Il y a peut-être une autre solution. On trouve celle-ci lorsqu’on se pose la question de savoir ce qu’ont prévu les puissances qui nous gouvernent au cas où l’impensable se réaliserait, c’est-à-dire le système mondial, ou même national, qui se bloque. Qu’ont-ils prévu pour parer à la conjonction des multiples pénuries, événements naturels ou krach financier qu’on attend d’un jour à l’autre ? La réponse tient en peu de lettres : RIEN, sinon Elon Musk qui prévoit de sauver la civilisation en envoyant sur Mars quelques milliardaires. Nous avons aussi le nouveau plan d’adaptation de Michel Barnier qui acte la démission à combattre le réchauffement. ICI Si celui-ci s’applique à vouloir protéger la population des conséquences des événements climatiques, il ne prévoit rien en cas de blocage du système, c’est-à-dire, de la pénurie des approvisionnements. Or, nos territoires locaux ne sont pas autosuffisants. Paris n’a une autonomie alimentaire que de 3 jours. Ailleurs, nous sommes mieux lotis, mais combien de temps et en quoi les territoires sont-ils autosuffisants ?
Plus sérieusement, leur plan réside dans les résolutions prises lors de chaque COP. Résolutions qui tiennent compte de la préservation de la croissance économique et se bornent à fixer des objectifs plutôt que de voir la trajectoire que nous poursuivons depuis que les COP se réunissent. Or, la trajectoire actuelle, c’est le scénario 3 ou 5, c’est-à-dire, celui correspondant à + 3, 9°C ou celui à + 4, 8°C. Des scénarios qui, s’ils se réalisaient mettraient en péril mortel toute forme de civilisation.
Le plan B, un plan de survie au niveau local
Bien qu’elle soit de la première évidence, cette solution ne ressemble à aucune de celles que nous proposent nos gouvernants, nos milliardaires et la gouvernance industrielle et affairiste : c’est la mise au point d’un plan B qui permette aux populations de pouvoir s’adapter aux ruptures brutales et inévitables. Plan B qui consiste à garantir aux populations d’avoir le minimum pour survivre en tous points géographiques le temps pour que le système reparte : alimentation, eau, santé, énergie, communication, et transports. Les 2 premiers besoins étant le minimum vital, mais dont l’autosuffisance n’est pas garantie partout actuellement : les grandes métropoles ne disposent que de quelques jours d’autonomie alimentaire et sont incapables de produire elles-mêmes ne serait-ce que quelques kilos de patates. L’idée n’est pas de se dire que cet état de survie sera un état définitif, mais, quelle que soit sa durée, même si ça n’est que quelques semaines, il est impératif que ces besoins soient satisfaits partout pour une période de plusieurs mois. Et l’arrivée de Trump au pouvoir n’est pas faite pour rassurer le monde...
Ce plan B représente donc le destin que peuvent reprendre les peuples en attendant que nos gouvernants se décident à faire quelque cose d’autre que de faire de la croissance. Trois exemples parmi beaucoup d’autres montrent que nos gouvernants jouent avec le feu pour protéger les intérêts de certains.
Notre système économique, en France ou ailleurs, ne répond pas aux exigences d’autosuffisance en cas de catastrophe régionale ou mondiale. L’impréparation à la pandémie, malgré des alertes annuelles de l’OMS, en est la preuve irréfutable. Il est d’ailleurs essentiel de garder en mémoire que la solution immédiate pour parer à cette incurie, a été de restreindre les libertés. D’autres pays aux résultats plus enviables que ceux qui ont pris de telles méthodes ont choisi des solutions qui ne touchaient pas ou beaucoup moins aux libertés. Même la Chine a fini par en prendre acte, et a « relâché » ses concitoyens littéralement séquestrés chez eux.
En 2007 et en 2008, lors des catastrophes financières causées par les banques et la spéculation sauvage, l’UE a aidé les banques, et a fait chanter la Grèce pour lui imposer la voie néolibérale en l’appauvrissant, la contraignant à vendre le port du Pirée aux Chinois. Elle a, par ailleurs, laissé les populations européennes payer le prix des conséquences causées par ces banques puisqu’elles se sont contentées de rembourser le prêt qui leur avait été fait et ps les réparations. Nous continuons ainsi de payer cette déstabilisation qu’elles ont provoquée ! La démocratie a été remplacée par les diktats, pour ne pas dire la « rapacité », de cette gouvernance composée des banques, des multinationales qui ont la mainmise sur les gouvernants complaisants qui forment le Conseil européen.
Lorsque la Convention citoyenne pour le climat a rendu ses conclusions, Macron a usé de tous ses pouvoirs pour enterrer les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat qui avait eu l’audace de lui prouver qu’un peuple informé peut imaginer des solutions dignes d’un conseil scientifique. Il est vrai que ces conclusions remettaient en cause le modèle économique mondial : la mondialisation, le marché libre et non faussé, et la solution technologique qui sont pourtant les éléments structurels qui entraînent l’aggravation du réchauffement climatique.
On le voit, faire confiance à nos gouvernants qu’ils soient français, européens, occidentaux ou d’ailleurs encore, c’est les laisser ne pas prendre les décisions aptes à assurer la survie de tous au moment où les pénuries seront telles que les vies seront en jeu. Croire qu’une telle situation ne peut se produire est d’une inconscience crasse, un déni de la catastrophe, ou un pur mensonge pour protéger quelques intérêts particuliers. Et on sait qu’ils sont capables de ces trois tares. Quelle que soit la raison qui conduit leur politique suicidaire, devant de tels dangers les peuples doivent reprendre leur destin en main, si tant est qu’ils l’aient déjà eu en main.
Les peuples qui ne le feront pas seront soumis inéluctablement à des régimes autoritaires qui ne garantiront toujours pas que leurs décisions soient celles qui permettent aux populations de voir satisfaits les besoins essentiels aux moments cruciaux. Actuellement, ils ne le font déjà pas pour tous alors que l’état du monde n’est pas encore rendu aux blocages du système. Au contraire, ils accentuent les inégalités sociales ce qui augure des, inégalités en accès aux ressources essentielles à la vie.
Reprendre à l’oligarchie nationale et mondiale notre destin en main
Pour Emmanuel Macron, les citoyens ne forment qu’une meute et non le peuple qu’il réduit à l’Assemblée nationale, mais qu’il bâillonne par les pouvoirs que lui confère la constitution. Lui l’a exprimé clairement, mais nombre d’autres chefs d’État le pensent pareillement sans le dire. Il n’a nulle intention de remettre en question son césarisme. Au contraire, on est en droit de craindre le pire. Il faut donc que l’ensemble des citoyens – qui est le vrai peuple – compose pour l’instant avec lui à moins qu’il ne choisisse la voie de la révolution.
Composer avec lui, c’est soit :
croire à la croissance verte, et le laisser appliquer une politique dictée par les lobbys et les traités de libre-échange, cela veut dire aller vers les 4°C de réchauffement,
croire pouvoir infléchir ses décisions environnementales par des manifestations en oubliant ce qu’il a fait des propositions de la convention citoyenne pour le climat, ou ce qu’il s’est passé lors de la manifestation contre les mégabassines. C’est encore le 5e scénario du GIEC qui se réalise.
Croire que de modifier la Constitution, voire de réunir une constituante, serait le moyen pour le peuple de pouvoir intervenir directement dans les décisions politiques par le RIC et que par ces référendums d’initiative citoyenne, le peuple impose ses solutions environnementales. Cette solution est possible et souhaitable, voire indispensable, mais ne donne pas les solutions de survie en cas de blocage.
L’autre solution est de mettre en place le plan B pour parer aux ruptures importantes qui vont se produire de manière aussi brutale et imprévisible que le fut l’arrivée du Covid 19. Ce plan B, a une fonction équivalente aux consignes d’évacuation en cas d’incendie qui sont des directives essentielles pour la prévention, la gestion et l’évacuation lors d’un incendie. Ces consignes et les entraînements aux évacuations ont un effet sécurisant pour chacun. Plus précisément, le plan B est une organisation qui a pour fonction première de parer aux ruptures qui bloqueront le système. Sa préparation rassurera les populations qui le mettront en place. Il recèle des enjeux collectifs importants :
prévenir toute panique,
faire en sorte que les besoins essentiels soient assurés immédiatement,
responsabiliser les gens avant les blocages,
les réunir autour d’un projet qui les concerne tous,
avoir les bons réflexes en instaurant la solidarité avant les blocages,
reprendre notre destin en main, c’est-à-dire, vivre la démocratie.
Le plan B, c’est assurer des conditions minimums de vie en cas de pénuries et de blocage de l’économie, et c’est aussi, mettre en place des structures démocratiques reposant sur les citoyens.
Cette organisation consisterait à favoriser les conditions de survie au niveau local. Cela veut dire, dès à présent faire le diagnostic des capacités d’autosuffisance de chaque portion de territoire. Puis, d’organiser l’autosuffisance en eau, en alimentation de base, en santé, en moyens de communication et en énergie minimum. Est-il utile de préciser que l’agriculture doit être biologique puisque les engrais et les pesticides sont fabriqués grâce au pétrole ? Cette organisation ne pouvant pas être opérationnelle du jour au lendemain, il convient de la construire dès à présent. Les mouvements citoyens peuvent d’ores et déjà se saisir du projet, ce qui serait une forme d’appropriation démocratique par la base qui pourrait impulser une mobilisation à la fois populaire et institutionnelle. Cette appropriation du projet serait le premier pas vers une souveraineté des citoyens.
Toutefois, cette souveraineté au niveau local peut aller sur d’autres terrains toujours en vue d’assurer non seulement le plan de survie, mais aussi en contribuant à la modification des productions, voire au remplacement de certaines d’entre elles.
Elle peut, en effet, se déplacer dans l’entreprise. La solution technologique à base de métaux qui vont nous être indisponibles au fur et à mesure de l’avancée du siècle, ne veut pas dire qu’il faut abandonner toute technologie, mais qu’il faut la rendre indépendante du pétrole et de ces métaux. Les ingénieurs ont donc toute leur place pour un autre travail que celui qu’on leur demande actuellement qui consiste à inventer des produits de « green washing » à base de high tech. La première chose est d’organiser les ateliers selon l’économie bleue qui consiste à faire en sorte que le matériel soit fabriqué par des déchets recyclés. Cela veut dire penser la fabrication en anticipant le recyclage et la réutilisation de certaines pièces. Mais, en matière de survie, c’est la low tech qui convient. Cette low tech consiste à inventer ou réinventer des outils adaptés à la pénurie d’énergie. Des outils qui fonctionnent avec très peu ou pas d’énergie artificielle et sollicitent peu d’huile de coude. Indépendamment des aides financières qu’attend tout entrepreneur, il s’agit pour les salariés de l’entraîner à s’investir dans ce plan B.
Dans le secteur médical, la technologie étant à la merci des pénuries de métaux, l’ingénierie lourde de la chirurgie sera mise à mal, tandis que les médicaments subiront les pénuries de molécules. La médecine doit donc devenir préventive alors qu’elle est actuellement curative pour les plus grands profits de l’industrie médicale. Retrouver les médecines ancestrales que cette industrie s’est évertuée à perdre. Notons qu’une alimentation sans produits chimiques est un début de prévention des maladies de la malbouffe.
Les métropoles, totalement dépendantes en tout, ont une telle emprise sur les sols qu’il est pour l’instant impossible de les organiser de telle manière qu’elles soient autosuffisantes en alimentation. Il est donc à prévoir que les urbains migrent vers les zones moins densément peuplées. Cela touche aux questions de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’emploi, du logement, etc.
À ces urbains migrateurs, s’ajouteront les réfugiés climatiques qui ne manqueront pas d’affluer de par le monde. Les Nations unies prévoient quelques centaines de millions de personnes en 2050, mais ce seront d’autres millions les années suivantes. Faut-il transformer le pays en bunker surarmé, comme semblent le proposer les extrêmes droites ? À moins que nous préférions vivre en guerre permanente contre eux, il faut, d’ores et déjà, apprendre à les accueillir et accélérer notre autonomie qui, faut-il le préciser, créera de l’emploi non délocalisable.
Ces quatre désorganisations structurelles vont impacter fortement l’économie. Du reste, celle-ci sera contrainte de se passer de la croissance telle qu’on l’entend depuis 300 ans. Outre cette question touchant à la science molle économique, les métas financements devront accompagner non seulement la transformation et la sobriété des productions, mais aussi les activités de restauration de la nature, à commencer par la plantation de forêts primaires (technologie naturelle la plus performante que nous connaissions pour réguler le climat, attirer la pluie et maintenir les eaux sous terre), nettoyer tout ce qui a été saccagé afin que la biodiversité et les écosystèmes reprennent leur place (on a vu lors du confinement, comment la nature a très vite retrouvé ses droits, on peut lui faire confiance si nous la nettoyons).
Conclusion
La méthodologie pour calculer le jour du dépassement change régulièrement afin de prendre en compte de nouveaux éléments, rendant inadéquate la comparaison entre les années sur la seule base des archives médias. Toutefois, l’ONG estime que la dernière fois que l’humanité a consommé une seule planète au 31 décembre était en 1986. Mais cette date correspond à une moyenne mondiale. Cela faisait belle lurette que les pays riches vivaient déjà largement au-dessus des capacités de la terre. Ne croyons pas qu’on pourra consommer à l’avenir ce qu’on consommait en 1986 en France, car à cette époque-là, notre pays vivait au-dessus des capacités de la terre depuis 150 ans. Il vaudrait mieux tabler sur 1886… Pour cela, il faut apprendre dès à présent la sobriété heureuse. Beaucoup en font l’expérience durant les vacances au milieu de la nature...
Nos gouvernants conduisent le monde vers l’abîme qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Le plan impact carbone neutre en 2050 cache une pollution déportée vers des pays en dehors de l’Union européenne. Comme si la catastrophe écologique n’était pas planétaire ! L’avenir n’est pas à l’industrialisation, ni à la nucléarisation, mais aux renoncements. Mais renoncer au gaspillage est-il vraiment un renoncement ?
C’est pourquoi, les peuples doivent reprendre leur destin en main :
en contrôlant leurs gouvernants à la solde des multinationales, banques et assurances. Il s’agit au moins d’exiger que les « représentants » aient un mandat révocable, base d’un pouvoir effectif du peuple.
En s’organisant de telle manière qu’en cas de rupture importante des approvisionnements, nous ayons mis en place une organisation à même de pourvoir dans l’urgence aux besoins essentiels comme l’eau, l’alimentation, la santé, l’énergie, les moyens de communication dans une version dégradée, certes, mais suffisante pour éviter les drames.
Cette organisation d’un plan d’urgence, c’est la mise en place d’un plan B, puisque nos gouvernants, comme les COP, ne pensent qu’au plan A qui ressemble surtout à un plan de communication pour faire bien peu. L'objectif principal du Plan B est de prévenir les ruptures qui pourraient perturber le système. Ce plan vise à résoudre des problèmes collectifs importants, tels que prévenir la panique en instaurant des mécanismes de solidarité citoyenne, garantir les besoins essentiels immédiatement, responsabiliser les individus avant les blocages, les rassembler autour d'un projet commun, promouvoir l’entraide avant les blocages, et vivre la démocratie.
Ce plan B ne peut pas éviter le péril qui guette l’humanité de sa quasi-extinction. Il ne vise que l’urgence si le système se bloque. Et ce blocage est inévitable à cause des boucles de rétroaction. Mais, sans lui, c’est l’angoisse, et le sentiment d’incapacité et d’insécurité qui monte. Avec lui, les peuples, là où ils habitent, reprennent leur destin en main.
A la veille de la 29e COP qui, contrairement aux précédentes, annonce que nous sommes sur la trajectoire d’un réchauffement de + 3, 1°C, Michel Barnier, premier ministre d’un gouvernement provisoire, vient de présenter son plan d’adaptation au réchauffement climatique. On pourrait penser à ce plan B présenté dans ce texte. Mais il n’est pas question de cela. Ce nouveau plan d’adaptation au réchauffement climatique (PNACC), édicte 51 mesures qui ne tiennent compte ni des propositions de la convention citoyenne ni des boucles de rétroaction qui ne manqueront pas de bloquer le système quelques jours, semaines ou mois. Si tant est qu’il reparte… Une consultation citoyenne est ouverte pour une durée de deux mois. C’est dire que Barnier n’en a que faire puisque le plan est déjà défini et que la durée de la consultation ne suffit pas à recevoir le maximum d’avis. L’extrême droite crie à l’écologie punitive, et soutient ce gouvernement. Soutiendra-t-il un plan imposé par le haut qui va modifier notre manière de vivre et qui annonce, par inconscience des blocages qui nous guettent, des plans d’urgence liberticides façon Covid.
Il ne s'agit pas de savoir si on peut encore éviter l'effondrement puisqu’il a commencé et qu’il est dans un mouvement d'accélération permanent ou les pénuries et blocages sont à venir. Il s'agit de savoir si on se laisse imposer les solutions qui ne seront que d'autres mensonges et trahisons. Les solutions technologiques ne sont que des leurres, car l’humain ne saurait commander au système Terre sinon en accentuant encore un peu plus le mal qu’il fait à la nature. Tout cela n’est que prétexte à inventer du tourisme intersidéral pour fortunés en mal d’aventures et à alimenter le business. Le retour en arrière dans notre manière de consommer est inévitable, la nature nous y contraignant sans qu'on n'y puisse rien, mais nous pouvons y gagner une qualité de vie ensemble. C’est de cela dont il faut être certain. Nous devons rêver autrement à un autre destin…
Or, tant que le texte fondateur des COP défendra la croissance économique, nos gouvernants nous emmèneront irrémédiablement vers l’apocalypse.
À la veille de la COP 29, les organisations non gouvernementales doivent défendre 3 idées pour atteindre la neutralité carbone avant 2050 et protéger les populations des ruptures du système provoquées par les boucles de rétroaction de la catastrophe en cours :
Dénoncer l’article 3 du texte fondateur des COP qui défend la croissance économique basée sur le productivisme, cause de la catastrophe écologique
Reprendre les propositions d’Oxfam : taxer le niveau de patrimoine et la quantité de CO2 qu'il contient, taxer les dividendes des entreprises qui ne respectent pas l'accord de Paris, taxer de manière dissuasive les consommations de luxe à forte intensité de carbone.
Favoriser la mise en place d’un plan B dans tous les territoires au niveau local
Commentaires
Enregistrer un commentaire