La réalité des néo-nazis en Ukraine et comparaison avec l'UE
1. Dans les urnes : Les néonazis et l'extrême droite sont électoralement marginaux en Ukraine
Sur le plan électoral, l'Ukraine se caractérise par une faible influence de l'extrême droite au pouvoir :
Élections législatives (2019) : Pour les dernières élections du Parlement (la Rada), toute l'extrême droite et les mouvements radicaux se sont unis sur une liste commune. Ils n'ont obtenu que 2,15 % des voix, échouant à franchir le seuil de 5 % pour entrer au Parlement.
Présidence (2019) : Volodymyr Zelensky, qui est juif et dont une partie de la famille a été assassinée pendant la Shoah, a été élu président avec 73 % des suffrages face à des discours nationalistes.
Comparaison européenne : Dans plusieurs pays européens (France, Italie, Hongrie, Autriche, Pays-Bas), les partis d'extrême droite ou de droite radicale réalisent des scores électoraux compris entre 20 % et plus de 40 %.
2. Sur le terrain militaire : Le cas du régiment Azov
La présence de néonazis en Ukraine a été historiquement documentée dans le domaine paramilitaire, principalement au début de la guerre du Donbass.
Création (2014) :
Face à l'attaque russe dans le Donbass et une armée ukrainienne désorganisée, des bataillons de volontaires se sont formés. Le Bataillon Azov a été fondé par des militants ultranationalistes et ouvertement néonazis (utilisant des symboles inspirés du IIIᵉ Reich comme le Wolfsangel). Intégration et dépolitisation (2014-2022) : À la fin de l'année 2014, le gouvernement ukrainien a intégré Azov à la Garde nationale officielle. Ses fondateurs politiques en ont été écartés, l'unité s'est professionalisée et a été progressivement dépouillée de son rôle de milice idéologique.
Effectifs :
Avant l'invasion de 2022, le régiment Azov comptait environ 2 500 à 3 000 combattants (sur une armée ukrainienne de plusieurs centaines de milliers d'hommes).
3. Y a-t-il plus de militants néonazis en Ukraine qu'en France et en Europe ?
Aucun pays ne tient de registre nominatif des "nazis", car il s'agit d'idéologies clandestines et de groupuscules informels. Les services de renseignement surveillent néanmoins la mouvance de l'extrême droite violente (Right-Wing Violent Extremism).
En Ukraine : La nébuleuse active néonazie/ultranationaliste radicale était estimée avant 2022 à quelques milliers d'individus à l'échelle du pays (regroupés dans les franges du Corps National, des groupuscules de rue comme C14, et des groupes d'ultras de football). Depuis 2022, ces militants sont dispersés et dilués dans l'effort de guerre global au sein de l'armée régulière.
En France :
La Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) suit activement plusieurs milliers de militants de l'extrême droite radicale/ultranationaliste (issus de groupes dissous comme le GUD, Bastion Social ou la mouvance accélérationniste). En Allemagne :
Selon le rapport officiel du renseignement intérieur (BfV), l'Allemagne recense plus de 38 000 extrémistes de droite, dont environ 14 000 considérés comme orientés vers la violence, incluant plusieurs milliers de néonazis identifiés.
4. Bilan et sources officielles de vérification
Il existe bien des groupes et des individus néonazis en Ukraine — apparus notamment au sein de bataillons de volontaires en 2014 —, mais ils ne contrôlent pas le pays, sont absents du Parlement et représentent une minorité marginale dans la population. Le prétexte de "dénazification" utilisé par le gouvernement russe ne correspond pas à la réalité politique du pays.
Pour vérifier ces données auprès d'organismes indépendants et d'agences officielles :
Europol (Rapports TE-SAT sur le terrorisme et l'extrémisme dans l'UE) :
Consulter les rapports annuels sur le site officiel d'Europol :
.Rapports TE-SAT d'Europol Résultats officiels des législatives ukrainiennes (2019) :
Données de la Commission électorale archivées par l'Union Interparlementaire :
.Fiche Élections Ukraine 2019 - IPU Parline Rapport de synthèse de l'OFPRA :
.Rapport OFPRA - Élections législatives en Ukraine Analyses de l'extrémisme de droite européen et la guerre :
Travaux du réseau académique mondial GNET (Global Network on Extremism and Technology) :
.Étude GNET sur l'extrême droite et la guerre en Ukraine
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