Diète pour un monde obèse

 Le syndrôme du cheeseburger bio

Le dérèglement climatique, c’est l’infarctus qui guette une planète en plein burn-out. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut changer de régime, mais à une condition : que le brocoli ait le goût d’un double cheeseburger. L’absurdité est là : regardez ces personnes en net surpoids qui se persuadent qu'elles ont juste « un squelette trop lourd » ou que c'est la faute de leurs gènes, tout en refusant de lâcher la fourchette. Elles veulent mincir, mais sans la moindre privation, fustigeant la balance plutôt que leur propre assiette.

C'est exactement notre aveuglement face au confort. On veut de la sobriété, mais sans éteindre la clim. Pourtant, le calcul est simple : il va falloir suer et réduire les portions. Évidemment, ce sont les super-riches et les industries lourdes qui doivent vider leur frigo en premier — ce sont eux les obèses de la consommation, ceux qui s'empiffrent de ressources au détriment du bon sens.

À l'inverse, les plus modestes n'ont déjà que les miettes. Faisons en sorte que ce sursaut écologique ne soit pas qu'une affaire de carbone, mais le déclic d'un monde socialement plus juste, où un nouvel état d'esprit collectif redonnera enfin de la dignité à ceux qui ont toujours été privés du buffet. Mais que personne d'autre ne se leurre : tout le monde va devoir lever le pied.


Ordonnance pour un monde obèse

C’est l’histoire d’un patient qui frôle l'obésité morbide mais qui, en se regardant dans le miroir, se trouve « simplement un peu enrobé ». Il demande à son médecin : « Docteur, je veux retrouver ma silhouette de jeune homme, mais je refuse d'arrêter le bacon et je ne veux pas marcher. C'est ma physiologie qui est comme ça ! » Cette mauvaise foi face à la maladie de la surconsommation résume parfaitement notre approche de la transition écologique.

Nous avons dépassé toutes les limites planétaires, le climat surchauffe, mais on attend la technologie magique qui permettra de polluer proprement. On veut de la sobriété, mais version palace, sans que l'estomac ne gargouille.

Soyons sérieux : sauver notre peau demande d'accepter l'effort. Ce sont les milliardaires en jet privé et les multinationales du plastique — ces gavés du système — qui vont devoir passer d'office à une diète sévère. Quant aux plus pauvres, qui subissent déjà la double peine de la misère et du dérèglement, faisons en sorte qu'un monde devenu écologiquement plus intelligent devienne enfin socialement plus juste. Il ne s'agit pas de leur retirer le peu qu'ils ont, mais de reconstruire une table où la sobriété des uns fait enfin la subsistance des autres.


Petits arrangements avec la balance planétaire

C’est fou comme le concept de « transition » excite les imaginations. Beaucoup s'imaginent le monde de demain avec des panneaux solaires sur le toit de leur jacuzzi. C'est la même douce illusion qui frappe ces gens en surpoids pathologique qui s'achètent des baskets fluo en pensant que le simple fait de les avoir va les faire fondre, tout en continuant à ignorer superbement les lois de leur propre physiologie. Ils se voient enveloppés, mais refusent le moindre changement de mode de vie.

La vérité est cruelle : pour maigrir, il faut fermer la bouche. Pour la planète, c’est pareil. La sobriété ne sera pas un long fleuve tranquille en classe affaires.

Certes, le grand nettoyage doit commencer par les VIP de la pollution, ces industries massives et ces ultra-riches dont l'empreinte écologique est d'une indécence grasse. Mais la vraie réussite de cette bifurcation ne sera pas seulement environnementale : faisons en sorte qu'une humanité plus lucide accouche d'un monde socialement plus juste. Un monde où les plus modestes, préservés de ces efforts qui ne leur incombent pas, bénéficieront enfin d'un partage équitable et d'une bienveillance collective. Pour tous les autres, préparez-vous : la cure de désintoxication commence bientôt.

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