Arguments des climato-sceptiques

 1. « L’homme n’y est pour rien » & « C’est cyclique »

Oui, le climat a toujours varié, mais sur des milliers d'années. Là, on observe un réchauffement inédit en seulement 150 ans, ce qui correspond pile au moment où l'humanité a commencé à brûler du charbon, du pétrole et du gaz.

Dire que ce n'est pas l'homme parce que le climat a déjà changé, c'est comme dire qu'un incendie de forêt ne peut pas être criminel sous prétexte qu'il y a déjà eu des incendies allumés par la foudre.


2. « Le GIEC nous ment »

Le GIEC ne produit pas ses propres études dans un bureau fermé. C'est une immense synthèse mondiale qui compile les travaux de milliers de scientifiques indépendants issus de tous les pays (y compris la France, les États-Unis, la Chine ou la Russie). Aucun gouvernement ni aucun lobby n'a réussi à falsifier une telle unanimité scientifique.

Remettre en cause le GIEC, c'est comme refuser le diagnostic de 99 % des médecins de la planète pour écouter l'avis d'un inconnu sur Facebook.


3. « Écolo bobo »

Le dérèglement climatique ne frappe pas les "bobos" des centres-villes : il détruit les récoltes des agriculteurs, fait exploser le prix de l'alimentation, et asphyxie les ouvriers qui travaillent en extérieur pendant les canicules. L'écologie populaire, c'est précisément vouloir des logements isolés pour payer moins de chauffage et des transports en commun pour ne plus dépendre du prix de l'essence.

Le climat s'en fiche des classes sociales. En revanche, ce sont les classes populaires qui trinquent en premier face aux factures énergétiques et aux catastrophes.


4. « Fais tes propres recherches »

Faire ses propres recherches, c’est une excellente idée, à condition de lire des études scientifiques relues par des pairs, et non des blogs ou des vidéos algorithmiques conçues pour générer du clic et de la colère. La science avance par la preuve et l'expérience, pas par l'opinion.

"Faire ses recherches" sur YouTube ne remplace pas 40 ans de mesures satellites et de carottages de glace par des laboratoires du monde entier.


5. « Ils veulent nous taxer »

L'écologie punitive et les taxes injustes (comme celle qui a déclenché les Gilets Jaunes) sont de mauvaises réponses. La vraie transition doit taxer les superprofits des industries fossiles et les produits importés de l'autre bout du monde, tout en aidant financièrement les ménages à changer de voiture ou de chauffage.

Ne rien faire coûtera infiniment plus cher en impôts pour réparer les dégâts des tempêtes, des inondations et des sécheresses (primes d'assurance en hausse, prix de l'eau, etc.).


6. « Il y a eu pire au Moyen-Âge » (L'optimum climatique médiéval)

C'est faux. Les données historiques montrent que le "réchauffement" du Moyen-Âge n'était que régional (principalement en Europe du Nord Atlantic) et très modéré. Aujourd'hui, le réchauffement est global : 98 % de la surface de la Terre se réchauffe en même temps, à une vitesse jamais vue depuis l'apparition de l'écriture.

Au Moyen-Âge, on n'était pas 8 milliards d'humains dépendants d'une agriculture industrielle ultra-sensible aux moindres variations de température.


7. « C’est la faute aux Chinois »

La Chine pollue énormément aujourd'hui, c'est vrai. Mais si on regarde le cumul historique des gaz à effet de serre (ceux qui sont déjà dans l'atmosphère et qui causent le problème actuel), ce sont l'Europe et les États-Unis les premiers responsables. De plus, la Chine pollue en grande partie pour fabriquer les objets que nous leur achetons.

Attendre que le voisin arrête de polluer pour nettoyer devant chez soi, c'est la garantie que tout le monde finisse par étouffer ensemble. Chacun doit prendre sa part.


Et pour ceux qui n'entendent toujours rien

Le dérèglement climatique qui est en réalité un dérèglement climatique est l'une des 9 limites planétaires dont 7 ont été franchies (chiffre 2026). 

Les limites planétaires sont les seuils que l'humanité ne devrait pas dépasser pour ne pas compromettre les conditions favorables dans lesquelles elle a pu se développer et pour pouvoir durablement vivre dans un écosystème sûr, c’est-à-dire en évitant les modifications brutales et difficilement prévisibles de l'environnement planétaire.

Aux climato-sceptiques, peuvent-ils dire que la disparition de la biodiversité n'est pas d'origine humaine ? De meme que l'acidité des océans ? Ou la perturbation des cycles biochimiques de l'azote et du phosphore ? Ou la modifications des usages des sols et leur pollution ? Ou la pollution de l’eau douce et sa raréfaction dans les nappes phréatiques ?

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