Construire l'opinion, fabriquer le consentement
Bien entendu, nous avons notre esprit critique et nous sommes capables de nous faire notre opinion en vérifiant les connaissances et faits établis. Cependant, l’opinion est fragile car souvent spontanée et subjective. Et les manipulateurs s’engouffrent dans ses failles. A commencer par les commerçants et les personnages politiques.
D’une part, si l’opinion se fonde sur des faits, elle peut prétendre à une certaine forme de vérité, mais ce n’est pas toujours le cas. L’élément subjectif peut reprendre le dessus, notamment en sélectionnant certains faits plutôt que d’autres pour confirmer des préjugés ou des prédispositions émotionnelles.
D’autre part, il y a aussi l’argument d'autorité qui consiste à invoquer une autorité lors d'une argumentation, en accordant de la valeur à un propos en fonction de son origine plutôt que de son contenu. Ce moyen rhétorique diffère de l'emploi de la raison ou de la violence.
Mais, cette autorité peut aussi être celui d’une personne qui a acquis la confiance d’un grand nombre. Ce qu’elle dit est forcément la vérité.
Les sondages sont une autre forme de manipulation de l’opinion. Certes ils ne convaincront jamais personne, mais permettront d’orienter le débat et de servir les objectifs du commanditaire. Dans un sondage sur la sécurité, si les deux tiers des sondés pensent qu’ils ne sont pas en sécurité, le débat public va immanquablement porter sur le sujet, et tous les thuriféraires en profiteront pour développer leurs arguments. Surtout s’ils sont des personnes d’autorité !Le commanditaire prendra grand soin à bâtir son questionnaire pour obtenir les réponses qu'il souhaite.
Et c’est par ces trois failles que s’engouffrent tous les manipulateurs pour fabriquer notre consentement à leurs idées.
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